Tu
cherches un truc qui te donne le sourire dans le métro alors que les gueules de tes voisins voudraient te pousser au suicide ? Tu t'es parfois interrogé sur le phénomène
d'érection chez les reptiles ? Tu penses que les blagues Carambar sont rédigées par des travailleurs précaires Bac +5 ? Alors Le Lézard lubrique de Melancholy
Cove, publié en 1999 par Christopher Moore, est fait pour toi. C'est un livre, un objet avec des pages, ça se tourne dans un seul sens, même si l'histoire n'en a pas. Parce que Le
Lézard lubrique de Melancholy Cove, c'est aussi une histoire à dormir debout. Mais c'est tellement absurde qu'en faire le résumé nuirait à sa saveur. En tout cas, ni du
polar, ni du fantastique, il émane de ce roman un parfum âcre de vieilles bobines de série Z, de marijuana et de bluesman.Extrait 1 : " - C'est quoi les mennonites ? demanda Vance.
- C'est des amish avec des mixers."
Extrait 2 : "Les dieux l'avaient doté d'une âme d'artiste mais avaient oublié de lui donner une once de talent. Théo connaissait les affres du manque d'inspiration tout en n'ayant rien d'un créateur."

Le Royaume des
ombres (Editions de l'Olivier) de l'Américain Alan Furst, auteur de romans d'espionnage et amoureux de Paris, est un livre mineur, mais pas dénué d'un charme élégant et
érudit. Dans ce Royaume, on suit les tribulations de Morath à travers l'Europe en 1938-1939. Morath, c'est un Hongrois installé à Paris, qui vit une existence typiquement
bourgeoise-bohême. Son oncle proche des milieux libéraux hongrois va lui demander d'effectuer quelques missions secrètes afin de déjouer les plans de la "bête immonde" et des mouvements
d'extrême-droite. Ce qui participe au charme du roman, c'est cette ambiance délétère d'un conflit imminent ("A la radio, le monde dérivait doucement vers le sang et les flammes.").
Dans le milieu aisé de Morath, on évite de penser au pire en faisant l'amour, on discute de politique en passant à table. Mais dans l'attente de la guerre, ces dîners procurent la sensation
de "lécher du miel sur des ronces".
Dans la plupart des critiques positives que je lis sur Auprès de moi toujours (Never let me go en VO), leurs
auteurs recommandent de ne pas divulguer le récit. Je n'ai pas aimé ce livre, alors je ne vais pas me gêner. Il s'agit de l'histoire de clones élevés comme des enfants/ados ordinaires,
en pension, élevés pour donner leur foie, leur cœur, etc., jusqu'à la mort. Voilà, je viens déjà de vous épargner la lecture d'un tiers du roman puisque cette révélation arrive assez
tardivement. Entre-temps, le lecteur qui n'aura pas jeté ce roman aux oubliettes aura assisté à la vie quotidienne et aux propos mièvres de jeunes gens dans
un collège coupé du monde.
En juin dernier, une Africaine âgée de 30 ans avait créé la surprise en recevant le prix littéraire britannique
Orange, l'un des plus prestigieux, pour son deuxième roman. Il s'agit de l'écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, avec Half of a Yellow Sun, situé pendant la guerre
du Biafra.
Loin d'une vision innocente de l'enfance, Toby Litt
montre des gamins cruels quand livrés à eux-mêmes, dans la veine de Sa majesté des mouches, de William Golding.
