Facebook, ça me gonfle. Je me suis inscrit il y a plusieurs semaines certes, pressé par l'enthousiasme d'une collègue : "C'est génial, tu vas voir, c'est sympa
comme tout." J'ai rempli mon profil avec le minimum requis, je me suis amusé à taper le nom de quelques exs et d'anciens copains de classe. Et puis c'est tout. J'ai verrouillé toutes
les applications et mis autant de barrière que possible pour que toutes mes vies, privée, professionnelle, amoureuse, etc. (Facebook fait pas vraiment le distingo entre la qualité
des relations avec ses "amis") ne puissent pas être scrutées à la loupe. J'ai même pas mis ma photo.
Alors ces "trois raisons de ne pas s'inscrire sur Facebook"... C'est pas moi qui l'ai écrit d'abord, c'est le titre de une du supplément du Guardian, mon quotidien britannique préféré,
daté du lundi 14 janvier 2008. En V.O., ça donne : Three reasons why you should never join Facebook. Sous le titre de une, trois visages, ceux de trois hommes au conseil
d'administration de Facebook : Peter Thiel, Jim Breyer et Mark Zuckerberg.
A l'intérieur du journal, un article intéressant (en ligne ici), écrit à la première personne par Tom
Hodgkinson, directeur notamment de The Idler, un semestriel alternatif qui fait un certain "éloge de
la paresse".
Quelques points qui ont retenu mon attention.
- Peter Thiel : Issu de la Silicon Valley, c'est le cofondateur du système bancaire électronique Paypal, qu'il a revendu une petite fortune à eBay. C'est aussi un membre de TheVanguard.Org, site prônant le néoconservatisme américain et qui souhaite "remodeler l'Amérique et le monde". De Rod D. Martin, qui dirige
le site, Peter Thiel dit le plus grand bien. En tout cas, le
blog de The Vanguard ne brille pas pour son soutien aux candidats démocrates à la
présidentielle. C'est même tout le contraire.
Dans la suite de l'article, le "neocon" Peter Thiel est décrit comme un partisan d'un capitalisme effréné, adversaire des impôts et favorable aux paradis fiscaux. Peter
Thiel aurait dit : "Il ne peut y avoir de révolte des travailleurs contre une banque, si la banque est à Vanuatu." Bien vu.
Par ailleurs, Peter Thiel est aussi conseiller de la Singularity Institute for
Artificial Intelligence, qui, comme son nom l'indique, est un institut qui recherche une intelligence articificielle supérieure à celle de l'être humain. J'ai pas eu le temps de lire le programme
de cet institut, si ce n'est de constaté qu'ils ont emprunté cette notion de "Singularity" à l'écrivain de SF, Vernor Vinge.
- La CIA : Par un jeu de connaissances et de participations financières d'entreprises (c'est bien détaillé dans The Guardian), Jim Breyer, qui siège au conseil
d'administration de Facebook, a des connexions avec la CIA. Faut-il être parano ou pas ? On s'interroge ça et là dans des forums sur ces liens indirects entre la CIA et Facebook.
- On trouvera aussi dans l'article des extraits de la politique de Facebook en matière de vie privée et de protection des
données. Evidemment, il faudrait avoir le courage de déchiffrer les petits caractères et connaître l'anglais. Pour ma part, la politique de Facebook ne me donne pas
envie de céder des informations personnelles sur ce réseau.
Ironie du web 2.0, à la fin de cet article en ligne sur The Guardian, on peut en faire partager sa lecture. Et par quel biais entre autres ?
