Mardi 11 mars 2008

Les affiches française et chinoise de "Mad Detective."


Travelling sur des couteaux de boucher soigneusement posés sur un tissu. Un homme s'empare d'un couteau... pour porter des coups à la carcasse d'un porc, suspendue comme un punching ball au plafond. On est dans un bureau de police.  A un stagiaire qui débarque, un flic explique que le mec qui frappe le cochon, c'est un enquêteur "entré en transes". Puis on voit cet enquêteur se faire enfermer dans une valise et...

Les premières minutes de Mad Detective sont cocasses et géniales. On se croirait dans un film de Park Chan-wook (Old Boy). Il s'agit pourtant du dernier court-métrage du Honkgonkais Johnnie To (coréalisé avec Wai Ka-Fai). Un polar qui suit l'enquête d'un inspecteur brillant et loufoque, débarqué de ses fonctions pour cause de troubles mentaux. Ses méthodes de travail sont pour le moins étranges, plutôt celles d'un médium. Ses visions, qui permettent de reconstituer les circonstances de la disparition d'un autre flic, donnent au film une atmosphère onirique, aux limites du genre fantastique.

Avant le gunfight final, entre des miroirs qui se brisent, la folie du héros permet à Johnnie To de faire passer des scènes tantôt drôles, tantôt pathétiques, parfois inventives, comme celle où le détective "voit" les sept personnalités (il les appelle des démons) de l'homme qu'il a pris en filature. Ces sept personnalités sont interprétées, en même temps à l'écran, par autant de comédiens. Par sa réalisation élégante et un montage nickel, Johnnie To sauve un scénario assez éculé. Je regrette d'ailleurs que le récit ne déplace pas le curseur de la folie un peu plus loin. En creusant par exemple l'idée des multiples personnalités.

- Les acteurs sont convaincaints et la bande originale composée par Xavier Jamaux, un Français dont j'avais apprécié l'autre B.O., plus électro, pour Tokyo Eyes.
- La bande-annonce du film => ici.
- Un autre avis (enthousiaste) sur Mad Detective, c'est du côté du blog
Shangols.

par joe publié dans : C'est tout vu !
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Dimanche 9 mars 2008

undefinedLe prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2007. NonNonBâ (éditions Cornelius), c'est l'autobiographie de Shigeru Mizuki, qui raconte les souvenirs de son enfance, dans les années 1930, à Sakai-Minato, une ville cotière au Sud-Ouest du Japon. Dans ce bouquin épais et doux-amer, le mangaka relate les premières années de sa vie, avec nostalgie et tendresse : le quotidien dans sa famille très modeste, les bagarres avec les copains, l'école, les premières amours, et surtout une imagination débordante qui trouve un exutoire dans le dessin.

Au premier abord, le style peut paraître un peu est naïf et les histoires mièvres, mais Shigeru se rattrape avec une galerie de personnages attachants, comme celui de sa mère au foyer, qui tient la culotte, et celui de son père à moitié absent (au sens figuré comme au sens propre), un employé de bureau qui aimerait plutôt vivre de sa passion pour le cinéma. J'ai beaucoup aimé les scènes avec son père, doux rêveur, une cigarette à la main, le regard perdu derrière ses lunettes. Plutôt que de faire preuve d'autorité sur son fils, il lui lâche, par bribes, une certaine philosophie de l'existence.


Le père de Shigeru. Lecture de droite à gauche SVP.


Mais le personnage qui donne son titre au manga se révèle aussi le plus excentrique. C'est NonNonBâ, une vieille femme superstitieuse, qui habite la même ville que le jeune garçon. Grâce à elle, Shigeru découvre le monde des Yôkaï, ces entités grotesques et surnaturelles, issus du bestiaire médiéval japonais. Les amateurs des films de Hayao Miyazki savent déjà que les Yôkaï peuvent prendre de multiples apparences, jouer des tours aux humains, être aussi facétieux que monstrueux.

Par ailleurs, la ville de Sakai-Minato a mis à l'honneur Mizuki, en lui donnant le nom d'une rue, et en y déposant près d'une centaine de statues de bronze, représentant les personnages du dessinateur, Yôkaïs compris. Sur le blog d'une Française au Japon, on peut en voir des photos dans un diaporama. 

par joe publié dans : Bandes dessinées
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Vendredi 7 mars 2008

Quarante-cinq minutes. Le temps passé devant Bienvenue chez les Ch'tis avant de quitter la salle. Mise en scène proche du néant. Scénario tout mince. Gags ré-pé-ti-tifs et lourds. Les accents, ça me fait pas rigoler sur la durée, le patois du Nord non plus. A part ça, c'est gentil et tout consensuel, un film qu'on verrait bien sur des vols moyen et long-courrier. Mais pour le venin qui fait les comédies piquantes, on ira chercher sa dose ailleurs. Ça commence dans la tradition franchouillarde : gendarme sympa, picole, plats typiques, fonctionnaires de La Poste et magouille chez le DRH. Il y a même une carte des autoroutes A6, A7 et A25 au générique, une animation plutôt moche. 
Film phénomène de société ? La célébration du "plaisir des choses simples", de l'amitié au-delà des hiérarchies et des différences, de la ville à échelle "humaine" (Bergues, 4209 habitants) et des particularismes régionaux à l'heure de la globalization... La collectivité locale du Nord-Pas-de-Calais ne s'y est pas trompée en versant 600 000 € pour la promotion de Bienvenue chez les Ch'tis. C'est sûr, Karnaval et La Vie de Jésus, c'était bon pour le cinéma, pas pour le tourisme.

par joe publié dans : C'est tout vu !
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Vendredi 7 mars 2008

C'est bien connu, vendredi c'est disco, et pas de disco sans diva : Jocelyn Brown, Grace Jones, Diana Ross, Sylvester, Sommerville, et caetera. Ce soir, la diva, c'est Antony, dont le second album avec les Johnsons, I am a Bird now, me file la pétoche. Interdiction de l'écouter chez moi. C'est trop triste, ça me chiffonne le cœur, bravo le talent. Quand j'écoute Antony, ça me fait l'impression que l'apocalypse tambourine avec ses doigs à la porte. Même sur son duo avec Björk, The Dull Flame of Desire, c'était comme s'il me tendait la corde pour se pendre.  En revanche, voici, Blind de Hercules & Love Affair, un tube qui porte sa voix androgyne vers les sommets de l'hédonisme néodisco. C'est vrai que les paroles de Blind ne respirent pas le bonheur ("I wish the light could shine now [...] It makes my past and future painfully clear"). Mais même I will survive raconte l'histoire d'une nana qui croit qu'elle va s'en sortir alors qu'elle est en pleine dépression. OK, à l'époque, y avait pas de Prozac et aujourd'hui encore l'amour rend aveugle.



par joe publié dans : Disco will never die
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Mercredi 5 mars 2008



A l'âge de 50 ans, les briques danoises jouent au cross-over avec Star Wars, Indiana Jones, Batman, grâce aux jeux vidéo... J'avais essayé Lego Star Wars sur ma bonne vieille Playstation 2. C'était sympathique, sans plus, appréciable en coopération.  Et maintenant Catwoman, le Pingouin, Harley Quinn, l'Epouvantail, le Joker... Toute la clique s'est échappée de l'asile d'Arkham pour mettre le feu à Gotham City. donner du taf à Batman (et Robin). Lego Batman : The Videogame sort dans la foulée du film The Dark Knight (Ledger RIP), en septembre prochain. Si le jeu est à la hauteur, ma Bobox 360 sera au rendez-vous.

Je viens de constater qu'un épisode culte des Batman comics devrait être réédité (du moins en anglais) ce mois-ci : Batman : The Killing Joke ("rire et mourir" in french), par Alan Moore et Brian Bolland, un des meilleurs de la série, paraît-il. A voir.

par joe publié dans : Session jeux vidéo
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