Tu
cherches un truc qui te donne le sourire dans le métro alors que les gueules de tes voisins voudraient te pousser au suicide ? Tu t'es parfois interrogé sur le phénomène
d'érection chez les reptiles ? Tu penses que les blagues Carambar sont rédigées par des travailleurs précaires Bac +5 ? Alors Le Lézard lubrique de Melancholy
Cove, publié en 1999 par Christopher Moore, est fait pour toi. C'est un livre, un objet avec des pages, ça se tourne dans un seul sens, même si l'histoire n'en a pas. Parce que Le
Lézard lubrique de Melancholy Cove, c'est aussi une histoire à dormir debout. Mais c'est tellement absurde qu'en faire le résumé nuirait à sa saveur. En tout cas, ni du
polar, ni du fantastique, il émane de ce roman un parfum âcre de vieilles bobines de série Z, de marijuana et de bluesman.
C'est clair qu'un jeu vidéo à la fois best-seller, visuellement puissant et à l'intrigue originale ne pouvait pas laisser longtemps indifférente l'industrie du cinéma hollywoodien. Il se
murmurait depuis sa sortie en août 2007 que Bioshock (bande annonce du jeu ici) avait toutes les qualités pour être adapté sur le
grand écran. On connaît depuis quelques jours le nom du réalisateur, c'est Gore Verbinski, selon le journal américain Variety.
De ce type, j'ai vu quelques films : son remake honnête de The Ring, cette bouillie d'images sans queue ni tête qu'est Pirate des Caraïbes 2, ce monument du kitsch qu'est La
machine à explorer du temps, adaptation du roman de Wells... Difficile d'être porté par un enthousiasme délirant.
Il aurait vraiment fallu un esthète de la série B, quelqu'un comme Guillermo del Toro, pour retranscrire l'univers bariolé et malsain de Bioshock. Derrière la caméra, il aurait
fallu un peintre de l'horreur, on se retrouve avec un chef de chantier gros œuvre. Avec Verbinski, c'est à craindre que la ville sous-marine et rétro-furiste de Rapture, avec ses couleurs
criardes, finisse noyée sous une volonté de rendre le film accessible au plus grand nombre. Bioshock brillait par son ambiance glauque, sa violence gore et son flirt avec
l'amoralité. J'ai peur qu'Universal, qui détient les droits du film, soit moins sensible aux différentes facettes de ce joyau noir qu'est Bioshock qu'au nombre d'entrées qu'il pourrait
susciter en salles. "- Les Petites sœurs, hein, il faudra que le héros ne les tue pas, c'est quand même des enfants. - Le héros, il arrête pas de se piquer. On veut pas montrer
un junkie, tu montres qu'il déteste ça, ok ? Manquerait plus qu'il y prenne goût - Le personnage principal, on peut le rendre plus sympa ? - Il y a Will Smith
qu'est libre."
Concernant Bioshock, la seule chose dont je me réjouis, c'est de reprendre ma dose de plasmides en recommençant le jeu dès que j'en aurai le temps. Mais surtout, c'est
l'idée de jouer à Bioshock 2, dont toutes les Xbox 360 ont noté la date de sortie dans leur calepin : fin 2009.
Mon précédent post sur Bioshock => ici.
Et hop ! Je viens de terminer en
anglais Les Brigades Fantômes de John Scalzi, sequel du Vieil Homme
et la guerre que je m'étais enfilé il y a quelques mois. Qu'en dire ? C'est de la SF de bonne facture, agréable à lire, et plutôt facile à parcourir
en V.O. John Scalzi replonge dans son univers où les humains font la conquête brutale des planètes, en n'hésitant pas à bouter loin très loin les pas forcément hostiles extra-terrestres qui
auraient eu la vilaine idée de coloniser un même bout de caillou.
Le fameux vieil homme, John Perry, héros du précédent s'est éclipsé. Cette fois, on suit Jared Dirac, un être humain créé de toutes pièces, auquel l'armée insuffle une conscience, celle d'un
traître (un certain Charles Boutin), afin de comprendre les motivations de ce dernier. Mais l'opération foire (c'est pas si facile même dans le futur) et Jared Dirac, "mis au monde" pour cette
expérience, est envoyé à ses occupations de clone-soldat censé protéger l'humanité.
Si le début du roman, avec la création très frankensteinesque de Jared Dirac, s'avère ingénieuse et prometteuse, bah les pages suivantes ronronnent comme le moteur d'une fusée
Ariane. Vers la fin, Scalzi n'arrive pas vraiment à suggérer la cohabitation perverse de deux consciences dans un même cerveau. Parce qu'évidemment la deuxième conscience, celle
de Boutin (pas Christine, Charles), s'est réveillée.
Les Brigades fantômes m'ont valu de bons trajets en métro. C'est vite lu, vite assimilé, à la manière d'un roman de gare. On peut le lire indépendamment du Vieil Homme et
la guerre. Et avant, La Dernière Colonie, sa suite, nominée cette année dans la catégorie meilleur roman pour le prix Hugo (rien à voir avec Victor).
J'aurais pu aussi mettre une citation du bouquin, où il est question d'extermination des Ewoks (ceux de Star Wars), mais je préfère souhaiter un bon anniversaire à John Scalzi (le 10
mai), il confie qu'il a 39 ans sur son excellent blog, et vous inciter à lire la fiche de lecture complète des Brigades fantômes
rédigée aux petits soins par le bloggueur Nebal.
